Après avoir lu cette missive étrange, j'eus comme un pincement au coeur. Bien qu'elle soit ses plus bizzare, voir incongrue, je savais que cette lettre de bienvenue n'était pas une plaisanterie. Dès que nous avions franchi les grandes portes de Moonlight Fall, elles s'étaient refermées sur nous avec fracas. J'avais l'inquiétante impression que je ne les retraverserais jamais plus. C'était comme si un monde s'était ouvert à moi et q'un autre s'était refermé.
Ce que je venais de lire confirmait tout ce que j'avais ressenti, une heure plus tot, en pénétrant dans ces lieux.
Mon coeur battait la chamade, l'inquiétude m'envahissait, mais je n'en avais rien montré à ma femme. Je ne voulais pas qu'elle soit effrayée. Cachant mon désarroi, je l'avais prise par la main, et d'un regard confiant, je lui avais murmuré que notre vie serait belle ici. Je ne souhaitais que lui apporter un peu de sécurité et de réconfort après les moments éprouvants qu'elle avait vécu ces dernières semaines et particulièrement cette nuit, où nous avions fuit tout ce que nous connaissions.
Son visage implorait un peu de quiétude, elle me suppliait de lui apporter ce réconfort dont elle avait tant besoin et c'est ce que je fis.
La serrant par la main, je montai le petit escalier de ce qui me semblait être l'hôtel de ville, me tournai vers elle, esquissai un léger sourire, puis poussai la porte.
J'allais acheter une terre à ma femme où elle pourrait vivre paisiblement, sans les tourmentes de toutes ces méchantes langues qui ne comprenaient pas qui elle était, quelle femme merveilleuse elle était.
Ce vieil homme m'avait assuré que c'est ce que nous retrouverions à Moonlight Fall, soit, nous allions vivre à Moonlight Fall.
Cet étrange sentiment continuait de m'envahir, mon coeur battait toujours la chamade, mais, j'entrai dans l'hôtel d'un pas ferme et me dirigeai vers le comptoir, ma femme à mes côtés.
Une jeune femme se tenait au comptoir. À notre approche, elle s'exclama: " ce sont eux, ce sont les Sorcerer".
Un homme vint me serrer la main et me souhaiter la bienvenue. Il affichait un sourire radieux, il sembalit si content qu'on soit là. Après m'avoir demandé si le voyage s'était bien passé jusqu'à Moonlight, il m'apprit qu'un terrain était déjà choisi pour moi. Il ajouta:"Vous l'aimerez, il est très grand". Je lui demandai:" N'y avait-il qu'un seul choix?" Il me répondit: " Oui, c'est le seul choix, ce terrain est pour vous".
J'aurais quand même aimé en voir d'autres, je souhaitais m'établir pour longtemps et je voulais être satisfait. Je ne comptais pas déménager parce que le terrain ne me plaisait pas. Mais bon, il dit qu'il est grand, c'est ce que je veux un grand terrain et peut-être n'y en avait-il plus de libre après tout.
Je me tournai vers ma femme qui me semblait bien silencieuse. Elle me fit signe de la tête, elle voulait ce terrain, elle voulait que j'accepte cette offre, ses yeux me disaient d'acquiescer. Elle murmura un oui d'une voix faible.
Nous complétâmes la transaction.
L'homme nous indiqua le chemin à suivre pour arriver sur nos terres, il appela un taxi pour moi et ma femme et répéta ses indications au chauffeur. Il nous sourit à nouveau et nous remis une enveloppe, une lettre de bienvenue de Moonlight Fall, disait-il.
Cette lettre, je viens de la lire, dans le taxi qui nous a conduit à notre propriété. Ma femme n'en sait rien. Je la conserve dans la poche de mon pantalon en attendant de trouver la façon de lui expliquer dans quoi nous venons de nous embarquer. Je veux la préserver, je ne veux pas l'apeurée, elle qui a déjà vécu tant d'épreuves à Sunset. Tout ce que je veux, c'est qu'elle puisse enfin être heureuse.
Je constatai que le brouillard s'était dispersé pour faire place aux chauds rayons du soleil. C'est alors que je l'entendis m'interpeller.
- Tu m'as l'air bien pensif mon chéri, je dirais
même plutôt soucieux.















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